- 2017-01-25 - Jour 108 - Puerto Varas, CL à Chaiten, CL (323 km - 17 hrs)
- 2017-01-26 - Jour 109 - Chaiten, CL à Coyhaique, CL (453 km - 8,25 hrs)
- 2017-01-27 - Jour 110 - Coyhaique, CL à Cochrane, CL (323 km - 8 hrs)
La Carretera Austral est une des routes les plus mystiques de la planète. Non seulement je m’y suis rendu en moto, mais j’y ai souffert et j’y ai vécu certains des plus beaux moments de mon voyage!
Le matin du 25 janvier, j’ai quitté mon hostal à 6:00 afin d’enfin entreprendre la fameuse Carretera Austral. La particularité de la première étape, qui se déroule entre Puerto Montt et Chaiten, est qu’il y a 3 traversiers à prendre.
J’ai fait mes devoirs et recherché l’information sur Internet, mais elle est parfois contradictoire donc j’ai validé les modalités avec l’office de tourisme de Puerto Varas qui m’a offert un dépliant et confirmé qu’en moto, aucune réservation n’était nécessaire.
La première traversée n’est pas problématique, car elle est très courte. Elle relie La Aréna et Puelche et est disponible à toutes les 30 minutes environ.
Le passage suivant est plus long et il y a, selon le dépliant, un départ à 10:30 et un autre à 14:30. Il relie Hornopirén et Caleta Gonzalo.
Le dernier dure environ 45 minutes et est situé à 15 minutes de route de l’arrivée du précédent. Il fait partie du voyage précédent, donc il est inclus dans le billet.
J’embarque donc sur le premier traversier sans soucis et me dirige vers le prochain point.
Comme vous pouvez le constater, il n’y avait pas beaucoup d’espace pour La Gorda!




Mes 2 GPS m’indiquent le même endroit pour le départ du prochain traversier, mais quand j’y arrive vers 10:00, c’est complètement désert et je sens que quelque chose ne va pas. Je demande à une personne qui est sur le bord du quai quand est la prochaine traversée et il m’indique qu’il n’y a pas de navire ici, que le quai se situe dans une ville que j’ai passée il y a 30 minutes!
Je retourne donc sur mes pas à toute vitesse afin de pouvoir arriver avant le départ de 10:30!
Mes efforts ont porté fruit, car je suis arrivé à 10:25 sauf que… il n’y avait aucun bateau! Je me rends au comptoir de vente de billets pour me faire dire que le bateau était à 9:30, qu’il y en a un autre à 12:30, mais qu’il est complet et comme je n’ai pas de réservation, cela me laisse donc avec une seule option, le traversier de 16:30.
La conséquence est que je vais arriver à destination autour de 23:00 en fin de soirée et que j’ai presque 6 heures à attendre.
N’ayant pas trop le choix, j’achète le billet en espérant qu’ils puissent me laisser prendre le prochain navire vu que ma moto ne prend pas beaucoup d’espace. En effet, j’ai toujours été en mesure d’embarquer sur tous les traversiers que j’ai pris en Amérique sans réserver.
Malheureusement, ça n’allait pas être le cas aujourd’hui. Il y a 2 jours, le navire a écopé d’une amende pour avoir eu trop de passagers et ils ne laissent plus personne à bord au-dessus de 257 passagers. J’ai bien essayé par tous les moyens, mais sans succès. Le bateau a quitté avec de l’espace pour plusieurs véhicules supplémentaires…
Pour ceux qui désirent réserver dans le futur : www.taustral.cl
Je me suis résolu à me changer et aller marcher dans le petit village. Je me suis retrouvé dans une petite feria artisanale et j’en ai profité pour me payer un lunch de la mort. Un super morceau d’agneau cuit sur le charbon (parrilla), de bonnes frites accompagnées d’à peu près un litre de Crema de Aji Chilena. Wow!




J’ai aussi échangé un peu avec les nombreux motocyclistes qui attendaient comme moi. Ils sont pas mal tous du Chili et de l’Argentine, sur des motos allant de 125cc à 650cc. La plupart n’iront pas jusqu’à Ushuaia.
Devinez qui a embarqué sur le bateau le premier! Il a finalement quitté le port à 17:00. Pas évident comme attente!





Les paysages sont superbes et je suis extrêmement chanceux de pouvoir compter sur du très beau temps.
Nous sommes arrivés vers 20:00 et comme prévu, le transfert vers l’autre navire a pris 15 minutes sur une petite route de terre poussiéreuse. Quelle chance que je sois passé devant les autos.
Le dernier traversier nous attendait et nous sommes arrivés à destination vers 22:00. Il me restait une heure de route que j’ai faite relativement lentement, car le soleil s’était couché et la visibilité en était réduite.

À ma grande surprise, le petit hôtel, ou hostal comme c’est coutume de nommer ce genre d’endroit ici, est propre et accueillant, malgré le fait que je suis dans un petit village isolé!

Je prends une bonne bière froide et un bon sac de croustilles santé avant de m’endormir dur comme fer!
Le lendemain, mon objectif est de me rendre à Coyhaique. Mais ce qui m’attendait était une des journées de moto les plus difficiles du voyage.
Le tout a débuté par ceci!

En moto, conduire sur une route de gravier peut être très difficile. En voiture, c’est désagréable à cause des vibrations, mais en moto, il est parfois presque impossible de rouler, surtout quand la machinerie lourde vient de passer pour niveler la route.
Dans ce cas particulier, je me suis retrouvé dans plusieurs centimètres de gravier et il me fut simplement impossible de continuer. Heureusement, je n’allais pas très vite donc aucun dommage si ce n’est mon orgueil. Sauf que me retrouver dans une telle situation après seulement quelques kilomètres sur la Carretera Austral est pas mal décourageant, car elle en compte plus de 1500!
Certains tronçons étaient asphaltés, mais la grande majorité de la route était en construction et en très mauvais état. Ce fut une très longue journée et j’ai travaillé fort pour mériter mon arrivée à Coyhaique.







Mon super hôtel 5 étoiles!

L’arrivée dans cette ville fut quand même surprenante. Retrouver une communauté de plus de 40 000 habitants après avoir parcouru une route si isolée est comme un mirage dans le désert!



J’ai quitté tôt le lendemain malgré une petite pluie qui était présente. Il n’était pas question que je reste une nuit de plus dans cet endroit!
Les premiers 100 km sont sur une route parfaite et je roule relativement rapidement malgré la pluie et le froid.
Le vrai défi aura été les premiers 50 kilomètres de la route de gravier. Ouf… Vraiment pas facile. Des grosses pierres rondes qui me font basculer d’un côté et de l’autre. Pas reposant du tout!


Heureusement, le paysage est superbe!




Par la suite, l’état de la route s’améliore et le spectacle devient sublime! Je vais laisser les images parler.
















Un guerrier pas mal fier d’avoir survécu à la Carretera Austral!

Prochain arrêt, l’Argentine!